Expériences Salvia Divinorum

Azarius

  • $

$ 0, -

0,00 $US

Voyage lointain

C’était un soir d’été. Avec deux potes, calés chez moi, on fumait quelques bedos en regardant tranquillement Las Vegas Parano, trippant doucement. Une fois le film terminé, on a décidé de passer aux choses sérieuses. S’enfilant presque un gramme de champi chacun, on commence à tirer quelques douilles de beuh, puis de salvia, simple, pour commencer. Comme d’habitude, celle-ci me procure un sentiment de défonce, assez agréable, et tout à fait gérable. Puis, comme le temps passait, je me rendais compte que les champis ne me faisaient rien (bien sûr :D). Assez agacé, je continue sur la salvia, mais après une douille, je suis pris d’un fou rire incontrôlable, je glisse sur le lit situé à côté, puis tout se met à fusionner étrangement. Je ne fait alors plus qu’un avec le lit, qui se démultiplie, et dont les couleurs ont changé. Je me remet finalement, et me dit : « Waw, mais c’est de la salvia simple, ça, ça devrait pas faire ça ! ». Nous continuons ainsi, quand l’envie nous prend soudain d’aller faire un tour dehors. Il faisait froid, et la nuit était noire. Nous passions sous les quelques lampadaires, tout en se demandant où on allait bien pouvoir s’installer. Enfin, on finit par se trouver un petit jardin sympathique derrière une baraque abandonnée, juste à côté d’un réverbère (voui, un peu de lumière c’t’important, sinon on voit rien:/) où l’on décida s’asseoir. On s’installe donc dans ledit jardin, où nous commençons (juste) les bières apportées. Pas grand chose de méchant hein, juste une dizaine de bières, notez que nous ne les avons finalement presque pas bues. Reprenant en main les choses (et le bang), je re-tire une douille de salvia. Simple, toujours. Je reprend une grande claque dans la gueule, au point même de tomber du muret sur lequel je m’étais assis, pris de fou rires, à me rouler par terre. Pas grand chose de psychédélique à part ça, si je me souviens bien. Un pote, par contre commence à taper des hallus. « Putain, c’était tout vert !», il disait. Il serait apparemment apparu dans un lieu où un végétation luxuriante l’entourait, et c’était « trop bien ». Nous continuons sur cette voie, alternant chacun notre tour notre moment de défonce (faut savoir rester un minimum lucide avec ces choses là) quand un moment, alors que je marchais dans le jardin (rampait plutôt) on me dit de fermer ma gueule, parce qu’apparemment y’avait des gens. Sur le moment, pas grand chose à foutre, mais je m’efforçais de me calmer. Trop brusquement. Ma respiration, saccadé par mon rire, puis remise ensuite à rythme à peu près normal me foutu de travers, comme un point de côté, mais en bien pire. Résultat : pendant dix minutes, j’étais plié en deux, et le mieux c’est que les gens qu’il semblait y avoir, bah y’en avait pas. On ouvre alors le petit flacon d’extrait (le x5 pour commencer, n’allons pas trop vite), et je me souviens de trip où je suis parti très loin. Tout est à chaque fois remis en question. Je me retrouvais par terre, toujours mort de rire (c’est récurent chez moi) et tout semblait si… enfin voilà. J’ai fait par exemple la comparaison avec ces capsules de bières blanches (les capsules, hein) où sont indiquées des flèches rouges, dans le sens de l’ouverture. Ben tout était comme ça, sauf que ça n’avait plus la forme des capsules, mais de rectangles. Les arbres en étaient articulés, les décors semblaient constitué de cubes rouges et blancs et le rire, à l’intérieur de moi circulait de façon industrielle, porté sur des tapis de ces petits rectangles fléchés. Les perches, normalement assez courtes de la salvia étaient amplifiées et prolongées par les champis, et l’on mettait pas mal de temps pour retrouver ses repères. Si bien qu’à la fin, je me demandais vraiment si j’étais redescendu, puis il s’avérait que je finissait toujours par redescendre un peu plus. La douille qui m’a le plus éclaté est assez mémorable. J’me la suis préparée vraiment bien dosée. Donc je la coule, garde la fumée comme toujours, puis je me dit que ça serait pas mal que je me trouve un objectif, plutôt que de m’égarer dans d’éternels fou rires. Je me dit donc que je vais boire une bière, en attendant. Chose très compliquée à bien y réfléchir. Je me penche donc un peu en avant, vers le pack, et je tends ma main dans sa direction. Mon bras était résolument trop court. Alors je me penche encore un peu plus. Ma main réussi enfin à atteindre le pack. Une fois introduite à l’intérieur de celui-ci, j’essaie d’attraper une bière, puis fini par y arriver, non sans efforts. Assez satisfait de moi-même, et saisissant un décapsuleur, je me dit que ça serait mieux de boire ma Leffe un peu plus loin. Puis… raté. Je me souviens… Je me souviens que j’était très loin. Mon corps fonctionnait comme une machine, d’où sortait régulièrement, par vagues, le rire. Le rire. Qu’était-ce donc ? Je me perdais donc en conjectures, en questionnement tandis que au dessus de moi (bizarrement, je me retrouvais encore par terre) un homme me parlait, avec une tête de poisson. Mais n’y voyez pas par là un immonde poisson humanoïde tout luisant et suintant. Non, mon homme poisson possédait une tête tout à fait avenante, d’une couleur orangée tirant sur le rose/rouge. Une tête de dessin animé un peu. Il me disait des choses incompréhensibles, c’était trop compliqué. Je suis peu à peu sorti de ce trip, je me suis relevé, puis j’ai demandé ce qui c’était passé aux potes qui étaient à côté. Je l’ai demandé quatre ou cinq fois, puisque j’oubliais à chaque fois ce qu’ils me disaient, ou peut-être avais-je réellement envie de le réentendre. J'ai apparemment commencé par faire tomber ma bière, je me suis ensuite roulé par terre, toujours aussi mort de rire. J’ai d’abord pensé (allez savoir pourquoi) que j’avais cassé ma bière, et que je m’étais roulé dans les bouts de verres, et ça commençait à me piquer de partout, car sous l’influence de la salvia, le toucher est complètement faussé. Je me suis donc frotté partout avant de constater qu’il n’y avait rien, puis comme j’étais persuadé d’avoir les mains trempée, et que je n’arrivais pas les distinguer correctement, je me les suis passées sur les visage, histoire de confirmer mes impressions. Elles étaient tout à fait sèches (ce passage m’a bizarrement marqué). Nous nous sommes ensuite décidé à rentrer, car le temps avait passé très vite. Nous marchions lentement, des milliers de questions se chamboulaient dans ma tête, car pendant ces voyages, toutes ces notions qui constituent ce qu’est la vie, le quotidien, avaient été troublées, tout était remis en question. Je ne pense pas que je pourrais réussir à l’expliquer plus clairement avec de simples mots. Je marchais complètement dans mes pensées, pendant qu’un pote continuait à taper des hallus, (notez que je n’ai eu que peu de visuels durant ces trips, car je considérait plus ces hallucinations comme des hallucinations intérieures, profondes plutôt que visuelles) il voyait de l’eau couler sur la route, des arbres bouger et se rapprocher de la route, et il flippait de ceux-ci. Finalement rentré, nous nous sommes endormis plutôt rapidement, sauf moi, mais moi c’est normal, outre le fait que je voyais le mur fondre devant moi. En clair, une des expérience qui ont changé ma vie, quelque chose de profond et complexe qui éveille en vous des questions longtemps restées sans réponses, ou sans points d’interrogations. Un enseignement universel sur la réelle nature des choses.

Avez-vous au moins 18 ans ?

Vous devez confirmer que vous avez au moins 18 ans pour visiter notre site internet.