EncyclopédieFilm : Drugstore Cowboy

Azarius

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Film : Drugstore Cowboy - Encyclopédie

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Film : Drugstore Cowboy

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Drugstore Cowboy poster

Les hors-la-lois et les criminels ont une longue tradition dans le cinéma américain. Ils ont même parfois un air très stylé. Gus Van Sant a fait quelques éclaboussures avec son deuxième film Drugstore Cowboy (1989) qui ajoute un chapitre très distinctif à cette tradition. Le film est basé sur une nouvelle non publiée de l'écrivain James Fogle, lui même dealer et consommateur, et en prison lors du tournage. Qu'est-ce-qui rend Drugstore Cowboy si spécial ?

Un regard honnête sur les drogues

Drugstore Cowboy suit les aventures d'un gang de consommateurs de drogues au Nord-Ouest des États-Unis autour de 1971. Les deux hommes et les deux femmes, qui ressemblent à une famille, se déplacent de ville en ville où ils cambriolent les pharmacies et hôpitaux locaux en usant de ruse au lieu de violence. Bob, leader du gang (joué par Matt Dillon), est assez pragmatique au sujet de leur vie. La voix off dévoile quelques phrases pertinentes sur la vie du consommateur. Tôt dans le film, Bob utilise avec impatience leur nouveau réapprovisionnement, ce qui amène une observation classique sur les drogues :

" A chaque nouvelle arrivée de drogue, tout le monde dans le groupe se réjouissait. J'ai ris de moi-même au moment où j'ai imaginé le Dilaudid en si grosses quantité qu'il débordait littéralement de la cuillère. En entrant dans mes veines, la drogue ferait un picotement chaud qui continuerait jusqu'à ce que mon cerveau le consomme dans une agréable explosion. Ca commence à la base de la nuque et çà monte rapidement jusqu'à ce que je ressente un plaisir qui rende le monde entier sympathique, doux et plaisant. Tout devient grand alors. Votre pire ennemi - il n'est finalement pas si mauvais. Les fourmis dans l'herbe - elles ne font que faire leurs trucs. Tout prend le reflet rose du succès sans limite. On ne peut pas faire de mal, et aussi longtemps que l'effet dure la vie est belle. ”

Matt Dillon high

La consommation des drogues dans les films est rarement présentée comme sans problèmes et bien que Van Sant n'utilise pas les clichés moralisateurs des autres réalisateurs, Bob finit par être lassé de sa vie, allant de défonce en défonce. Après avoir pris la décision de rester sobre, il va se rendre compte à quel point la vie peut être effrayante sans les drogues. Il découvre aussi qu'arrêter les drogues implique davantage qu'une simple vie sans substance, mais que la vie doit être réinventée, avec son ancien style de vie qui fait parfois des réapparitions inattendues.

Le style de Drugstore Cowboy

Traditionnellement, les consommateurs de drogue sont représentés comme étant sales et violents. Van Sant brise cette image, et les membres du gang ont plutôt une bonne apparence, sont même glamours, dans un mélange de styles fin des années 70 / début des années 80. Matt Dillon était à l'époque une star sérieuse issu de films d'adolescents à sucés. Kelly Lynch a un peu plus tôt sorti le légendaire Cocktail (1988) et le jeune Heather Graham a fait une apparition étonnante comme plus jeune membre du gang. La drogue les motive, mais elle ne prend pas le dessus sur chacun des aspects de leur vie. D'une certaine manière, ils vivent un mode de vie alternatif mobile sans être dirigés par tout une série de besoins matérialistes, mais aussi sans courir les dangers habituels se la vie dans la rue.

Cinématiquement, Drugstore Cowboy est un film calme. Van Sant utilise un rythme lent, sans gros effets ni lourde musique émotionnelle. Par exemple, le monologue mentionné ci-dessus est accompagné d'une très subtile hallucination. Drugstore Cowboy donne ainsi un sentiment langoureux unique, et même les moments d’apogée semblent distants.

William S. Burroughs

Une des grosses surprises dans Drugstore Cowboy est l'apparition de l'écrivain William S. Burroughs. L'auteur de Naked Lunch a un petit rôle de junkie plus âgé à qui Bob rend visite de temps en temps quand il ne consomme pas. Burroughs a l'image permanente de l'outsider américain, adoré par de nombreux artistes, mais lui-même était trop cynique pour vouloir apparaître sous les feux de la rampe. Son apparition dans le film est dans ce sens plutôt unique. Avec sa voix calme et caractéristique, il ajoute vraiment quelque chose de spécial, et il est même à l'origine du moment le plus drôle dans le film. Mais la coopération de Burroughs fait également office de sceau d'approbation, assurant à l'histoire l'authenticité qu'il faut.

Drugstore Cowboy (1989)
Réalisateur : Gus Van Sant
Acteurs : Matt Dillon, Kelly Lynch, Heather Graham, James LeGros
Durée : 102 minutes



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